Συννεφιασμένη Κυριακή - Un dimanche nuageux à Bruxelles

Triste journée que ce dimanche 12 juillet 2015 à Bruxelles.

Pour la Grèce, bien sûr, qui se retrouve dans la même impasse qu'avant les négociations : la potion prescrite est toujours aussi amère, ses effets sont connus d'avance et tous ceux qui suivent un peu savent déjà qu'elle est vouée à l'échec. L'équation infernale est gravée dans le marbre blanc du mont Pentélique : austérité = moins de croissance = moins de rentrées fiscales = plus d'austérité. Rendez vous dans quelques mois pour le prochain psychodrame médiatique, quand la Grèce, ce pays d'incapables (ou d'escrocs, c'est selon), ne pourra pas rembourser la énième tranche du énième prêt.

Pour Alexis Tsipras aussi, ce fût une triste journée,  lui qui a perdu le sourire et la naïveté de sa jeunesse, et qui croyait encore pouvoir rentrer en Grèce avec l'élan du référendum, en faisant plier les plus durs de son propre parti qui hurlent à la moindre concession accordée aux créanciers, tout en apportant des notes d'espoir à tous ceux qui ne croient plus en rien et n'ont plus rien à perdre, et qui pourtant l'ont porté au pouvoir et ont répondu à son appel pour le référendum. Tsipras a payé au prix fort  sa couleur politique, tellement dépareillée avec celles qui ont cours à Bruxelles en ce moment. Son attitude aussi, tellement sûre de lui, presque désinvolte vis à vis de ce club très feutré des leaders Européens, a fortement déplu. Le voilà corrigé, humilié tel un enfant à qui l'on vient d'expliquer qu'il n'a pas l'âge pour comprendre ces discussions d'adultes sérieux et responsables.


Triste journée pour moi aussi, qui ai le cœur lourd pour mon pays, et c'est bien de l'Europe dont je parle.

Comme notre grand poète Tsitsanis qui a sublimé sa misère d'un dimanche nuageux en un blues qui est resté gravé dans la psyché grecque, j'ai envie de composer une complainte, mais je n'en ai pas le talent.

Aussi je laisse les Muses jeter les mots comme ils viennent., puissent elles m'éviter le ridicule !

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Dimanche nuageux.

Tel cet autre dimanche, où j'ai ouvert les yeux dans les brumes de la Baltique.

'Sonntagskind, glückskind' ! Les premiers mots que j'entendis, et la langue me parut belle.

Puis mon père nous ramena chez lui, et je grandis dans la lumière et le bruit des voix fortes.

Parfois la chaleur était insupportable.

Ma mère nous abritait alors dans son pays fait de sous-bois, et je découvris l'ombre et les chuchotements.

Et puis, partout où je voyageais, les mythes et les légendes, les contes et les histoires, comme des bribes d'une même chanson ancienne, infiniment répétée.

Les noms changeaient, mais le sens était le même. J'étais chez moi.

Un jour - j'avais peut être douze ans- j'ai trouvé ta bannière bleue constellée, et l'ai accrochée dans ma chambre.

Elle réunissait tout : les brumes de ma Baltique, la lumière de ma Grèce, les légendes de ma Bretagne.

Elle promettait tout : douze étoiles égales en taille, en cercle réunies dans l'égalité et la solidarité.

Elle ne porte aucune tâche : née des cendres de la Guerre, elle est le symbole de la Paix.

Puis vint ce dimanche nuageux à Bruxelles.

Et pour la première fois, je compris que mon pays n'existait pas. C'était juste un rêve, une chimère, un conte pour enfant..

Il est temps pour moi de devenir adulte. Mais pourquoi donc je me sens si petit ?


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Commentaires : 1
  • #1

    GUILLOU (lundi, 07 décembre 2015 18:19)

    Eh bien non ! ne te sens pas petit, Yannis ! Sens-Toi Grand ! Tu fais CE QU'IL FAUT POUR çA !
    La Grèce EST et SERA ! Il en faut, des Tsipras jeunes et courageux pour affronter l'OMBRE à
    Bruxelles, l'OMBRE qui est en train de se dissoudre dans l'AmourLumière; tu vas LE vivre, Yannis !