Comment va la Grèce en mai 2017 ?

Bref résumé des épisodes précédents :

2008-2014 : la Grèce fait faillite largement du fait de l'incurie de ses dirigeants - mise en place d'un 'plan d'aide' Européen contre mesures d'austérité budgétaire- renflouement des banques européennes qui étaient mouillées jusqu'au cou et qui se désengagent à moindres frais en passant le vilain bébé aux contribuables européens - récession du pays, chute des revenus de l'Etat malgré la multiplication d'impôts et taxes - nouveaux plans d'aides successifs contre nouvelles mesures d'austérité - chute des gouvernements de droite successifs et extinction des socialistes du Pasok.

janvier 2015 : arrivée du gouvernement Tsipras - arrêt des mesures d'austérité et nouveau bras de fer avec la Troïka chargée de piloter le dossier grec (FMI, Banque Centrale Européenne, Commission Européenne) - durcissement de ces derniers qui envisagent sérieusement un GREXIT (sortie de la Grèce de la zone Euro) -

juin 2015 : premières mesures de restriction d'approvisionnement en cash de la BCE : les Grecs ne peuvent plus retirer que 60 euros par semaine (en pratique, 50 ¤, car il n'y avait plus de billets de 10 et de 20 dans les distributeurs...).

juillet 2015 : référendum contre les mesures d'austérité approuvé à plus de 60% par les électeurs Grecs malgré la pression des contrôles de capitaux et la menace réelle d'un Grexit subi.

Ce référendum est aussitôt foulé au pied lors de la négociation ultime qui voit les conditions les plus dures des créanciers s'imposer.

Tsipras n'a pas voulu prendre la responsabilité de l'aventure hasardeuse d'une sortie de l'euro, après l'avoir fait miroité comme une alternative possible lors du référendum.  La Grèce devient officieusement un protectorat, et le Parlement une chambre d'enregistrement.

 

Dans cette nouvelle saison du feuilleton Grec :

2016-2017 : grâce à ce nouveau plan,  l'Etat est excédentaire.

L' excédent budgétaire de 2016 (3,9% avant service de la dette) dépasse même de 8 fois les prévisions ! Allelouïa ??

Pas tout à fait... avec un chômage de plus de 20% (et près de 40% pour les moins de 25 ans), une croissance nulle en 2016 après sept années de récession, les recettes de l'Etat n'arrivent pas à progresser malgré une boulimie fiscale ininterrompue et une très bonne tenue des recettes du tourisme (merci notamment aux nombreux amis Français qui ont fait le voyage !).

Comment expliquer ce 'miracle' alors, qui a même surpris tout le monde par son ampleur ?

La solution était en fait devant nous, comme le nez sur la figure : puisqu'on ne peut plus augmenter les recettes, réduisons les dépenses ! Tout y passe, retraites, salaires des fonctionnaires, budget de fonctionnement de l'Education Nationale, de la Santé, de la Justice... Au total, 9 milliards d'euros qui ne sont pas sortis des caisses. Dont près de 5 milliards de factures impayées  vis-à-vis d'entreprises qui menacent de mettre la clé sous la porte avec de nouveaux chômeurs en perspective. Bien entendu, cela ne tiendra pas longtemps, d'ailleurs, les grèves générales reprennent aujourd'hui...

 

Comment cela va -t-il se terminer ?

Tsipras va-t-il réussir à convaincre ses créanciers européens de supprimer une partie de la dette, qui à 180% du PIB est devenue totalement impossible à rembourser ? 

Mme Merkel va -t-elle renoncer à ce qui a fait son succès électoral en Allemagne jusqu'à présent, à savoir l'intransigeance vis-à-vis des pays européens du Sud qui ne respectent pas les critères budgétaires de la zone Euro, et surtout le canard boiteux Grec ?

M. Macron, tout auréolé de sa nouvelle élection face à l'extrême droite, va-t-il tenter de faire pencher la balance ? Et dans quel sens ?

Vous le saurez en suivant les nouveaux épisodes du feuilleton Grec !

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